BACOU-DALLOZ : La protection de la tête aux pieds

N°1 mondial des équipements de protection individuelle, le groupe Bacou-Dalloz s’est également forgé une réputation dans la protection respiratoire. Son site de Plaintel en Bretagne fabrique notamment des masques respiratoires commandés par l’Etat français dans le cadre de son plan de lutte contre la pandémie grippale d’origine aviaire.
L’usine de Plaintel, proche de Saint-Brieuc, est en développement, à l’image de l’industriel Bacou-Dalloz (lire encadré). Le site breton enregistre une extension très importante de ses surfaces de production et de stockage pour faire face à une montée en puissance de sa production de masques respiratoires. Une croissance exceptionnelle qui résulte d’une convention entre le fabricant et l’Etat français, dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre la pandémie grippale d’origine aviaire. L’accord prévoit un engagement de commande correspondant à un chiffre d’affaires potentiel de 80 millions d’euros d’ici 2008. Un contrat qui nécessite la mise en œuvre d’une organisation de production continue 7/7j - 24/24h, l’intégration de quatre lignes automatisées de production de masques pliables, d’une ligne automatisée de production de masques moulés supplémentaire et l’embauche de 69 salariés supplémentaires. Ses capacités de production étant largement supérieures à ses obligations actuelles, l’usine de Plaintel assure toujours sans difficultés la fabrication diversifiée de masques respiratoires destinés au marché traditionnel des ÉPI. Le site, qui maintient un niveau d’automatisation élevé, est déjà doté depuis plusieurs années de 2 lignes automatisées de masques moulés type Série 5000.
L’exigence de qualité sur toute la ligne
Les références internationales du groupe Bacou-Dalloz dans le domaine respiratoire lui ont valu en France de participer en 2004/2005 à la définition des ÉPI respiratoires auprès de l’Inspection Générale de l’Industrie et du Commerce et du Conseil Général des Mines. Cette expertise se confirme dans son site de production de Plaintel, qui a enregistré en 2005 un taux de non-conformité de ses produits très proche de zéro pour une production annuelle de plusieurs dizaines de millions de masques. Des résultats qui passent par des objectifs de performance bien supérieurs à ceux exigés par les normes européennes et notamment dans les domaines de l’efficacité de filtration, du confort respiratoire et de l’adaptabilité au visage du porteur. Le process qualité du fabricant (ISO 9001/2000) prend tout d’abord appui sur son laboratoire interne de Recherche et Développement & Contrôle Qualité, qui sélectionne soigneusement les meilleures matières premières à utiliser durant les phases de développement. De plus, toutes les matières premières sont testées initialement avant mise en production (première phase du contrôle qualité). Cette exigence de qualité se poursuit durant toutes les étapes sur les lignes de production. Ces dernières utilisent les technologies les plus sophistiquées pour assurer la fiabilité et la pérennité dans le temps des performances des masques ainsi que les capacités des lignes de production, depuis le thermoformage des coquilles du masque permettant l’obtention du compromis idéal entre souplesse (confort au porté) et rigidité (maintien de la forme dans le temps), en passant par la technique de soudage par ultrasons (et non par collage), jusqu’à l’emballage automatique des masques. La démarche qualité comprend aussi un contrôle permanent de la production par visiométrie*, doublé d’un examen visuel et par différents tests mécaniques. Ainsi, par exemple, les élastiques et leurs attaches sur le masque sont soumis à plus de 1000 tractions simulant la mise en place sur le visage d’un porteur et ce, pour un masque à... usage unique ! Les protocoles de R&D/Contrôle Qualité intègrent même certains tests issus de normes non-européennes quand ceux-ci sont pertinents vis-à-vis de la protection et du confort apportés à l’utilisateur (ex : test d’étanchéité de la soupape expiratoire selon les normes australiennes et japonaises. Autre exemple avec le test de charge mesurant le maintien des performances d’efficacité de filtration dans le temps selon la norme américaine, etc...).
A chacun son métier
La visite du site de Plaintel, une des huit usines de production d’équipements de protection respiratoire dans le monde du Groupe Bacou-Dalloz, rend compte finalement du degré d’exigence de fabrication de l’industriel, qu’il s’agisse d’ÉPI destinés à la protection de la tête, de l’antichute ou de la protection du corps. Une activité internationale pilotée par le siège “monde” de Bacou-Dalloz à Paris Nord II, qui regroupe 160 personnes et les directions opérationnelles du groupe. Un ténor qui a décidé en 2004 de cesser son activité de distributeur d’EPI, pour se concentrer sur son activité de fabricant. “Nous sommes arrivés à la conclusion que la fabrication et la distribution sont deux métiers différents. Leur cohabitation au sein d’une même entité génère de nombreuses contraintes. Il est très difficile d’être à la fois juge et partie”, explique Gérard Brochon, directeur commercial France de Bacou-Dalloz, Une conclusion qui a valu au groupe de se recentrer sur ses ressources industrielles afin d’assurer la pérennité de sa production, distribuée exclusivement par des distributeurs spécialisés, dont France Sécurité.
* La visiométrie est un système de contrôle vidéo opéré par des caméras placées sur les lignes de production. Lorsqu’un équipement ne répond pas aux critères programmés par l’ordinateur (taille, couleur, etc.), il est immédiatement repéré et isolé du reste de la production.
Bacou-Dalloz : une stratégie payante

Bacou-Dalloz est leader mondial des Équipements de Protection Individuelle, organisé autour de trois pôles d’activités, la protection de la tête (oculaire, auditive et respiratoire), la protection antichute et la protection du corps (gants, vêtements techniques et chaussures de sécurité). Présent sur les 5 continents, le fabricant d’ÉPI emploie 6 000 personnes et a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 694 millions d’euros. L’histoire de cette entreprise française est intimement liée aux trajectoires professionnelles et personnelles de Christian Dalloz et de Henri Bacou. Ces derniers, qui avaient créé chacun leur affaire en 1957 (Dalloz) et en 1974 (Bacou), sont décédés en 1991 et 1996, avant que leurs groupes respectifs ne décident de fusionner en 2001.
“Des résultats qui s’avèrent compatibles avec une politique de développement en France.”
Une étape qui marque un changement de stratégie avec trois décisions importantes. La première a été la consolidation et l’alignement des différentes entités constituant le nouveau groupe. La seconde a concerné la cession en 2004 d’Abrium, sa filiale de distribution. La troisième et dernière, déployée actuellement, consiste à rationaliser ses sites de production (50 sites en 2003, 38 en 2006) et son portefeuille de marques (30 marques actuellement, pour une dizaine de marques à terme). Une gouvernance d’entreprise qui semble porter ses fruits, avec l’annonce d’une hausse de son Chiffre d’Affaires consolidé de 12 % sur le premier semestre 2006. Des résultats qui s’avèrent compatibles avec une politique de développement en France. Bacou-Dalloz a en effet procédé à l’extension de son site de Plaintel avec l’embauche de près de 70 salariés supplémentaires (lire article) et la forte montée en puissance de sa plateforme européenne de 22 000 m2 près de Châlon-sur-Saône. Le groupe entend ainsi consolider son leadership dans la fabrication d’ÉPI de la tête aux pieds avec une gamme complète de produits innovants, composée de marques fortes et reconnues, symboles de qualité.
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